La ville à la limite…

…à la limite du possible, à la pointe du faisable. C’est sur slate.fr que j’ai glané le commentaire que je cherchais pour cette photo très urbaine, et qui aurait pu illustrer le site tout entier. Il s’agit de l’extrait d’une interview1 de l’écrivain Aurélien Bellanger :

[…] si l’on est lucide, la construction d’une ville constitue le plus grand déchaînement d’hubris possible. C’est complètement fou, cela relève d’un pacte luciférien et les villes sont des vaisseaux qui nous embarquent au cœur d’une modernité qu’on ne contrôle plus et dont on ne sait pas fondamentalement si elle est soutenable. […] comment toute cette construction humaine ne bascule-t-elle pas dans le chaos en permanence ? Comment tout cela ne dégénère-t-il pas ?

La mégapole est un théâtre ouvert à tous, où se joue la scène de la puissance et de la raison. Le gratte-ciel y joue le tout premier rôle. Il est presque toujours le résultat d’un magnifique travail d’architecte, d’ingénieur et de bâtisseur mais sa « cause finale » n’est jamais certaine. S’agit-il d’une réponse raisonnable à un besoin d’efficacité urbaine (les premiers gratte-ciels de Chicago…), ou bien d’une puissance pure qui ne peut que se dresser sans raison (Burj Khalifa…) ?

Imaginons maintenant nos mégapoles numériques tout en relisant cette citation de Bellanger. Et demandons-nous aussi quels en sont les gratte-ciels.


1. Damien Augias et Nonfiction — 03.06.2017 sur slate.fr — Aurélien Bellanger : « J’aime cette idée que la France n’est pas un vrai pays »

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