A propos

Si l’on veut éviter que le XXIème siècle ne soit aussi meurtrier (ou plus) que le siècle qui l’a précédé, il faut engager la course entre la lucidité et l’impulsion suicidaire – ce qui suppose de comprendre les implications pratiques et intellectuelles du processus d’informatisation.

Michel Volle – Prédation et Prédateurs

Propos surprenant ! On ne s’attend pas vraiment à trouver le « processus d’informatisation » à l’étage des sujets existentiels, étage déjà occupé par les collapsologues de l’écologie, de la santé, du consumérisme ou de la politique…

Mais il faut préciser que le « processus d’informatisation » doit être entendu, non pas comme l’extension du domaine de l’ « informatique », mais bien plutôt comme l’expansion de l’empire de l’information, du « digital » comme disent les anglo-saxons. Cet empire, nous le savons désormais, est économique, culturel, politique, scientifique, artistique, linguistique, philosophique… Il régit chacun d’entre nous, en tout lieu, à tout instant. Il sature notre environnement. Il est le problème et la solution. Il est très jeune et déjà puissant. Nous l’appelons ici parfois « Mundus Numericus ».

L’an dernier, 3 ans après avoir entamé ce blog, j’ai découvert au fil de mes recherches cet ouvrage si singulier de Michel Volle, « Prédation et Prédateurs ». Je m’étais déjà convaincu de la « puissance existentielle » de Mundus Numericus mais je n’avais trouvé, jusqu’à cette lecture, aucun écho sérieux à cette conviction. Peu surprenant à vrai dire… Les philosophes, pour ne parler que d’eux, ont cette fâcheuse habitude de renvoyer les sciences et les techniques à leur « existential », surtout quand ils ne les sentent pas vraiment.

J’ai donc choisi ce mettre en exergue ce propos bien de notre temps, encore incertain et fragile mais dynamique, plutôt que la citation éternelle d’un grand philosophe, bien meilleure banderole pour une ligne d’arrivée que pour une ligne de départ.

Ainsi, Puissance & Raison est une sorte d’exposition, celle des « butins » de la quête suggérée d’une certaine « lucidité ». Peut-être trouverez-vous donc ici, chère lectrice, cher lecteur, quelques échos à vos préoccupations, quelques idées utiles, quelques chemins à suivre, quelques surprises aussi… et, je l’espère, du plaisir à lire, tout simplement.

Arnaud Bénicourt
23 janvier 2021